Rapport de Brian Gill, University of Calgary, sur la mission effectuée en France du 19 au 30 octobre 1998.
Nouvelles technologies dans l’enseignement des langues.
 
. Objectifs de la mission 

Organisée sur l’initiative de M. Gérard Prieur, Attaché Culturel et de Coopération éducative au consulat de France à Vancouver, la mission avait pour buts 
 

  • de favoriser une mise en commun d’expériences, d’expertises et de solutions dans le domaine de l’intégration des Nouvelles Technologies dans l’enseignement des langues, en particulier en ce qui concerne les initiatives du projet ALLE (Alberta Language Learning Environment);
  • de découvrir des produits ou systèmes utilisés en France dans l’enseignement des langues qui pourraient nous être utiles au Canada;
  • d’étudier les possibilités et l’intérêt d’échanges et de collaborations entre l’Université de Calgary et des établissements français;
  • vu la réorganisation très importante du curriculum et des modes d’enseignement dans mon université, de découvrir en France des programmes et des modes d’enseignement des langues, différentes des nôtres, et performantes, qui pourraient nous inspirer.
Quelques Sigles 

FLM - français langue maternelle; FLE - français langue étrangère; NTIC - nouvelles technologies d’information et de communication; EALAO - enseignement et apprentissage des langues assistés par ordinateur 

Descriptif 

Grenoble: 20-21 octobre 

J’ai été reçu à Grenoble par M. François Mangenot, maître de conférences à l’Université Stendhal Grenoble 3 (UFR sciences du langage) et spécialiste de la didactique du français (FLM et FLE) et des langues.  M. Mangenot avait préparé pour moi un programme très complet et parfaitement organisé qui m’a permis de rencontrer les acteurs principaux dans le domaine de l’enseignement des langues à Grenoble, de visiter les installations et de bien connaître les dispositifs d’enseignement. 

Le matin du 20, j’ai rencontré Mmes Violaine de Nuchèze, et Marie-Laure Chalaron, co-directrices du Département de FLE, et M. Jean-Emmanuel Le Bray, ex directeur de ce département.  La maîtrise en FLE, dans laquelle sont inscrits actuellement quelques 300 étudiants sur place et 1200 à distance, prépare à une carrière d’enseignant de français langue étrangère ou seconde et pourrait intéresser certains de nos étudiants en éducation, ou des professeurs en activité. 

Le soir du mardi 20, j’ai donné devant un public d’une soixantaine de personnes (enseignants et étudiants de FLE) une conférence sur "L’intégration des NTIC dans l’enseignement des langues: théorie et pratique" dans une belle salle de la Maison des langues, équipée d’un vidéoprojecteur et d’une connexion internet.  Le débat qui a suivi la conférence a engagé les enseignants, dont certains étaient des spécialistes dans le domaine (Jean-Yves Petitgirard, François Mangenot, Hélène Greven-Borde, Dominique Abry, Christiane Bourguignon, Élizabeth Louveau), et plusieurs étudiants.  Les enseignants ont surtout insisté sur la différence d’approche entre Nord-américains et Français, ces derniers étant bien plus attentifs à la théorisation préalable à toute mise en pratique des NT, théorisation que certains avaient déjà travaillée en profondeur.  On ne rejetait pas l’approche que j’avais décrite, mais on trouvait qu’elle serait moins efficace en matière de temps. 

Le lendemain 21 octobre, Mme Élizabeth Louveau, enseignante au CUEF (Centre universitaire d’enseignement du français), m’a fait visiter leur salle d’ordinateurs qui dispose d’une quinzaine d’ordinateurs (non réseautés), d’une connexion internet et de nombre de cédéroms et de didacticiels utiles pour l’apprentissage du français, dont certains élaborés par le personnel du CUEF.  La salle est ouverte en libre accès l’après-midi. 

Lors de rencontres avec Mme Louveau, M. Mangenot et Mme Dominique Abry, directrice du CUEF, nous avons discuté des modalités de la collaboration entre le CUEF et le département de français, italien et espagnol de l’Université de Calgary qui avait déjà été esquissée pendant la mission de M. Mangenot au Canada en septembre.  Une étudiante en maîtrise (5e année d’études au Canada),  Mlle Laurie Meredith, déjà formée chez nous en création de pages Toile, viendra à Grenoble en janvier pour suivre des cours au CUEF et participer au groupe de création de scénarios pédagogiques pour la Toile formé par M. Mangenot.  D’autres échanges, dans les deux sens, devraient suivre celle-ci, intéressant peut-être des étudiants en maîtrise de FLE.  Le groupe de M. Mangenot sera en rapport avec un sous-groupe du projet ALLE à Calgary, et les réalisations des deux groupes, harmonisées, s’afficheront sur les sites Toile des deux établissements, avec liens réciproques. 

D’autres possibilités de collaboration avec le CUEF sont l’envoi d’étudiants de Calgary pour étudier le français à Grenoble et peut-être un travail commun sur un test de placement élaboré à Grenoble qu’il s’agirait d’adapter pour un affichage sur la Toile. 

Dans l’après-midi du 21, M. Mangenot et moi avons été reçus par Mme Hélène Greven-Borde, directrice de la Maison des langues, celle-ci logée dans un beau bâtiment neuf et très bien équipé sur le campus de l’université.  Mme Greven-Borde nous a expliqué le fonctionnement de cette Maison, où l’on enseigne surtout des langues autres que l’anglais et le français, et les projets sur lesquels son équipe travaille.  Ensuite, nous avons visité un des laboratoires de langue et l’espace multimédia.  Celui-ci m’a paru assez remarquable, du point de vue et des équipements (une trentaine d’ordinateurs multimédia avec connexions Toile, de nombreux postes vidéocassette, variété de matériaux didactiques), et de l’architecture et du fonctionnement pratique.  J’ai appris que les cours offerts par la Maison des langues comportent tous une composante "auto-apprentissage intégré", pour laquelle les étudiants utilisent l’espace multimédia seuls pour des tâches bien précises définis par leurs enseignants.   D’autre part, une formule d’"auto-apprentissage guidé" a été mise en place qui semble particulièrement intéressante.  L’étudiant qui s’y inscrit, pour une langue donnée, peut utiliser les différents logiciels, vidéocassettes et autres matériaux en libre accès, pour un nombre d’heures déterminé, tout en étant conseillé et suivi de près par un moniteur dont la langue cible est la langue maternelle.  Les rencontres avec le moniteur, les programmes utilisés, les suggestions, problèmes et progrès sont tous notés dans un livret.  Plus de 400 étudiants sont actuellement inscrits dans un programme d’auto-apprentissage guidé, à leurs propres frais et sans diplôme à la fin, ce qui montre l’intérêt et le succès d’une telle formule du point de vue des utilisateurs. 

Besançon: les 22-24 octobre 

J’ai été reçu à Besançon par M. Thierry Chanier, informaticien, spécialiste du traitement automatique du langage et de l’enseignement des langues par ordinateur et professeur dans l’UFR de lettres de l’Université de Franche-Comté.   M. Chanier vient de lancer sur la Toile la première revue française consacrée à l’emploi des nouvelles technologies dans l’enseignement et l’apprentissage des langues, ALSIC (http://alsic.univ-fcomte.fr).  Il est également organisateur du prochain congrès EUROCALL qui aura lieu à Besançon en septembre 1999, pour la première fois en France, rassemblant quelques 500 spécialistes européens et internationaux de l’enseignement et l’apprentissage des langues par ordinateur. 

M. Chanier m’a d’abord fait visiter les locaux du Centre de Linguistique Appliquée à Besançon, un des plus grands centres en France pour l’enseignement des langues secondes et étrangères (dont le FLE).  Le CLA, situé dans un bâtiment très moderne, possède quelques ressources informatiques pour l’apprentissage des langues, mais n’en fait pas du tout une priorité.  La bibliothèque compte des cédéroms et des didacticiels dans sa collection de matériaux, et une petite salle d’ordinateurs (une douzaine de postes) a accès à Internet et à des didacticiels d’apprentissage des langues.  J’ai pu constater que tous les étudiants qui l’utilisaient lorsque j’en ai fait la visite consultaient des documents sur la Toile.  Le CLA possède également une salle muni de vidéoprojecteur (salle Bernard Quémada), permettant de faire des conférences ou des présentations multimédia. 

À 17h 30 le jeudi 22, j’ai donné une conférence intitulée "Multimédia et didactique des langues" dans les locaux du CLA, devant une trentaine de personnes, surtout des enseignants au CLA, des universitaires impliqués dans le groupe Nouvelles technologies éducatives de l’université et des étudiants en maîtrise de FLE.  La discussion qui a suivi la conférence a montré l’intérêt des enseignants pour les possibilités de la Toile dans l’enseignement des langues, tout en révélant des réserves quant à sa disponibilité en France, quant à son intégration dans les activités en salle de classe et quant aux possibilités audio. 

Le vendredi 23 octobre, j’ai pu visiter le laboratoire d’informatique de M. Chanier à la Faculté des sciences et poursuivre des discussions sur l’intégration des technologies dans l’enseignement et l’apprentissage des langues.  Il semble que nos approches convergent sur la plupart des points: rôle essentiel de l’enseignant dans toute intégration des technologies, danger d’imposer aux enseignants et futurs enseignants des théorisations et des principes a priori dans un domaine émergeant, rôle prépondérant qu’est destiné à assumer la Toile, importance des expériences pratiques et de leur analyse rigoureuse, besoin de collaboration et de coopération entre pratiquants, nécessité d’un accès facile et peu coûteux à Internet. 

J’ai également eu des échanges fructueux avec deux candidats au doctorat que M. Chanier dirige actuellement, M. Jérôme Nicolet et M. Thierry Selva, qui travaillent respectivement sur un dictionnaire informatisé du français pour apprenants (inspirée par les travaux de I.A. Mel’cuk et de John Sinclair)  et sur l’apprentissage collaboratif des langues sur Internet. 

J’étais particulièrement intéressé à parler à M. Chanier du didacticiel CAMILLE, qu’il a développé dans le cadre d’un projet européen et qui fait beaucoup parler de lui dans le monde de l’EALAO.  M. Chanier a évoqué à ce propos l’importance des dispositifs d’évaluation mis en place lors du développement d’un didacticiel et non seulement à la fin, et les problèmes considérables de mise en marché de tels produits (droits d’auteur, commercialisation, entretien).  Nous avons également beaucoup parlé d’ALSIC, sa revue électronique, de l’importance croissante de la publication de revues scientifiques sur la Toile et des retards pris par les éditeurs dans ce domaine. 

En matière de collaboration, nous avons convenu de poursuivre la possibilité que certains étudiants en DESS d’informatique puissent faire leur stage obligatoire (février-juin) dans le département de français, italien et espagnol de l’Université de Calgary.  Ils apporteraient ainsi une aide technique aux groupes travaillant sur le projet ALLE, en même temps qu’ils découvriraient le monde du travail nord-américain et se perfectionneraient en anglais.  Nous sommes actuellement  (novembre 1998) en pourparlers avec un étudiant intéressé. 

Bordeaux: le lundi 25 octobre 

J’ai été reçu par M. Michel Perrin, angliciste, spécialiste de l’emploi des NT dans l’enseignement et l’apprentissage des langues et Directeur du Département de Langues Vivantes Pratiques de l’Université Victor Ségalen Bordeaux 2.  M. Perrin dirige de nombreux projets et de thèses de doctorat, et il siège également sur des commissions et groupes de travail au niveau national et européen. 

M. Perrin m’a expliqué les emplois des NT dans son département, et les principes sur lesquels sont fondés ces emplois.  Il a évoqué aussi, en réponse à mes questions, plusieurs aspects de la situation française et européenne dans ce domaine.  Mike Colléaux, Webmaster et secrétaire du système VIFAX, m’a ensuite piloté dans une visite aux installations impressionnantes du département, et Michel Vallet et Stéphane Dassieu, responsables d’informatique et de créations multimédia, m’ont montré les divers produits et outils que l’équipe multimédia met en place. 

Le département de M. Perrin est le seul que j’ai visité à disposer en même temps d’un équipement très moderne et étendu, de salles de développement multimédia/Toile, et d’une équipe de didacticiens/informaticiens qui travaille sur le développement, le perfectionnement et l’entretien de produits NT pour l’enseignement des langues. 

Le système VIFAX est sans doute le plus connu de ces produits, largement utilisé dans d’autres centres français et européens (et mal connu en Amérique du Nord).  VIFAX propose tous les jours aux abonnés des exercices de langue (sur papier) permettant d’exploiter deux segments de deux ou trois minutes chacun d’un journal télévisé dans la langue cible (anglais, espagnol, allemand ou français).  Les exercices sont préparés par des équipes de didacticiens, dont certains dans d’autres centres, selon une progression conçue pour amener l’apprenant à comprendre l’essentiel d’un document qui lui aurait été, sans cette aide, d’un accès difficile. Une vidéocassette et un jeu d’exercices m’ont été fournis pour que je puisse explorer la possibilité d’employer VIFAX dans le cadre de mon université. Une version informatisée de VIFAX, d’une conception originale, est en cours d’élaboration. 

L’équipe de M. Perrin prépare également, en collaboration avec TV5, les exercices de Funambule, didacticiel interactif sur la Toile, qui exploite le programme Funambule de TV5 (http://www.funambule.com).  Funambule et VIFAX profitent de l’actualité et de la richesse des ressources télévisées, tout en en facilitant l’accès pour les apprenants: les deux sont d’excellents outils pour améliorer la compréhension orale des apprenants, et de bons exemples des possibilités des NT en apprentissage des langues. 

Un troisième volet de l’activité création au DLVP concerne Lire français, une collaboration avec le journal Sud-Ouest pour exploiter des ressources authentiques écrites.  Disponible sur la Toile, à http://www.lire-francais.com, ce site guide l’apprenant à travers le journal, l’amenant à mieux en comprendre non seulement le contenu mais aussi l’organisation et la pragmatique. 

Finalement, j’ai pu observer l’environnement auteur Hyperlinks, développé par Michel Vallet pour Macintosh, qui offrira la possibilité aux enseignants de préparer des exercices avec support vidéo et audio d’une manière extrêmement conviviale.  Ce produit, encore en cours de développement, se rapproche par sa conception des matrices développées par le projet  ALLE, et j’ai proposé à M. Perrin d’échanger nos versions bêta dans un proche avenir pour que chacun puisse profiter des trucs et des trouvailles de l’autre.  (Le système PAMELA, que M. Petitgirard développe à Grenoble, fera l’objet d’un échange semblable.  Il semble qu’il y ait actuellement une convergence dans le développement des environnements auteur, de sorte qu’on peut espérer bientôt disposer d’un environnement auteur avec des prestations et des commandes relativement standardisées.  D’ailleurs, le nouveau projet européen MALTED va tout à fait dans ce sens.) 

Parmi les différents programmes offerts par le DLVP, j’ai été particulièrement intéressé par le SAPAG (Service libre accès d’apprentissage et de perfectionnement en auto-formation guidée).  Les étudiants inscrits au SAPAG, plus de 400 actuellement, sont eux-mêmes responsables de leur apprentissage de l’anglais, mais ont accès à différents outils et systèmes pour les aider.  Après une interview initial en effet, ils ont accès à une salle multi-média possédant des didacticiels de langue, les exercices de VIFAX et des cassettes vidéo, et à l’aide des professeurs d’anglais qui sont présents en permanence dans cette salle.  Ils disposent également d’une bibliothèque spécialisée, avec des magazines et des textes simplifiés, de deux laboratoires multimédia, avec accès à Internet, et de groupes de discussion à heures fixe.  Il n’y a pas de cours en tant que tel.  Lorsqu’ils sont prêts, ils peuvent passer un des examens Cambridge pour recevoir un diplôme.  Le DLVP offre aussi à ses étudiants la possibilité de passer d’autres examens nationaux ou internationaux comme par exemple le DELF et le DALF en français.  L’auto-formation guidée du SAPAG ressemble sur beaucoup de points à l’auto-apprentissage guidé proposé par la maison des langues à Grenoble, dont il semble être un prédécesseur, mais d’une part il est limité à l’anglais, d’autre part, il semble offrir plus d’encadrement par des professeurs que le système grenoblois. 

Le travail effectué au DLVP en NT est extrêmement riche, d’un haut niveau professionnel et particulièrement bien intégré dans la pratique de l’enseignement et de l’apprentissage.  Avec VIFAX, Funambule et Lire-français, de nouvelles possibilités d’apprentissage, surtout dans le domaine des habiletés réceptives, sont disponibles aux apprenants. 

Rennes: le mercredi 27 octobre 

J’ai été reçu par M. Joseph Rezeau, angliciste de formation, professeur agrégé dans l’UFR de langues et cultures étrangères à l’Université de la Haute Bretagne.  M. Rézeau prépare un doctorat sur le rôle de l’enseignant dans l’emploi des NT et collabore avec M. Chanier dans la rédaction d’ALSIC.  Il siège également sur le conseil d’EUROCALL, l’organisation européenne consacrée à l’EALAO. 

J’ai pu visiter la médiathèque de l’UFR qui dispose de livres et de revues en langues étrangères, de vidéocassettes et de cédéroms, dont certains spécialisés dans l’enseignement des langues et d’autres grand public.  Un assez grand nombre des cédéroms sont disponibles directement sur les ordinateurs à partir d’une tour centrale, sans que les étudiants aient à les manipuler directement.  M. Rézeau y a mis à la disposition de ses étudiants en beaux-arts deux lecteurs de cédérom spéciaux, prêtés par la National Gallery de Londres, qui donnent un  commentaire verbal très riche de plus de mille oeuvres exposées dans ce musée.  Les étudiants, qui disposent de la liste complète des oeuvres, ainsi que de livres et d’un cédérom affichant les oeuvres elles-mêmes, peuvent ainsi écouter en anglais des commentaires tout en observant les images, comme s’ils étaient sur place dans la National Gallery.  De plus, le lecteur dispose d’une prise ordinateur qui permet de suivre en détail l’usage qui a été fait du lecteur, les oeuvres consultées, etc. 

J’ai aussi visité l’espace langues de l’UFR, de conception originale, qui offre aux étudiants en langue un mélange de NT et d’interactions traditionnelles.  Cet espace est divisé en sous-espaces consacrés aux enregistrements audio, à la consultation de cédéroms sur ordinateur, à la conversation avec un professeur, à la préparation de cette conversation et au visionnement de vidéocassettes.  Les étudiants, en petits groupes, visitent successivement les différents sous-espaces, de manière à obtenir un enseignement varié et personnalisé (à cause des petits groupes). 

Finalement, j’ai pu observer une classe d’anglais donnée par M. Rézeau à des étudiants en beaux arts, dans un laboratoire de quinze ordinateurs/lecteurs de cassettes, reliés à un console central d’où le professeur peut contrôler toute l’activité des étudiants, que ce soit sur l’écran, ou l’écoute et l’enregistrement audio.  M. Rézeau emploie un programme préparé par lui-même qui incite les étudiants à écouter, à lire et à produire de l’anglais sur des peintures prises dans l’histoire de l’art. 

J’ai également pu observer les didacticiels que programme M. Arnaud Saint-Georges, informaticien qui a été détaché des services informatiques de l’université pour travailler (depuis un an) avec l’UFR de langues.  Avec l’aide didactique de Mme Elaine Rees, directrice du centre de langues, et d’autres enseignants, M. Saint-Georges élabore un programme d’initiation à l’espagnol, Viaje a Mexico, et une version plus perfectionnée du programme de M. Rezeau, English in Art. 
 
Paris: les 29-30 octobre 

Le jeudi 29 octobre, j’ai été reçu au CIEP (Centre international d’études pédagogiques) par M. Jean-Charles Burou, du bureau Langues et technologies du département Langue française.  M. Burou est spécialiste des nouvelles technologies.  Lors de nos discussions, il est apparu que l’équipe ALLE au Canada et l’équipe animée par M. Burou ont des approches semblables à la formation des enseignants à l’usage des nouvelles technologies: recours à des logiciels simples et conviviaux, formation au traitement de texte et à l’hypermédia, emploi des différents outils aussi bien par les enseignants que par les apprenants, et en général quelque méfiance envers les produits déjà didactisés (didacticiels, cédéroms).  M. Burou m’a montré des exemples d’emploi de trois logiciels outils simples et performants, Multimédia orchestré,  GenHelp et Présente, et m’a donné des copies des deux derniers, disponibles gratuitement.  Michel Denise, formateur dans le même service, et professeur de français, m’a montré d’autres logiciels dont se sert le CIEP dans leurs stages pour enseignants de français, dont Le Jeu de mai, très utile, que j’ai ensuite pu acquérir au CNDP. 

Le vendredi 30 octobre, j’ai été reçu par M. Bernard Moreau, au Bureau des technologies de l’enseignement, Sous-direction des technologies éducatives et des technologies de l’information et de la communication, Direction de la Technologie, du Ministère de l’Éducation nationale, de la recherche et de la technologie.  M. Moreau m’a donné de précieux renseignements sur les intiatives récentes du gouvernement français dans le domaine de l’emploi des NT dans l’enseignement et en particulier dans l’enseignement des langues.  Il m’a également remis une documentation sur deux de ces initiatives, EDUCASOURCE et EDUCASUP, qui sont des dispositifs Toile de grande envergure permettant aux enseignants de trouver et de choisir plus facilement des ressources pédagogiques NT en ligne ou hors ligne. 

Les objectifs de la mission ont été atteints dans la mesure où: 
 

  • j’ai pu identifier des produits NT français pour l’enseignement des langues, commercialisés ou sous développement, que nous utiliserons certainement à l’avenir à Calgary (dont plusieurs déjà acquis);
  • les rencontres avec des collègues français travaillant dans le même champ ont été très enrichissantes, tout en faisant ressortir beaucoup de points communs entre les initiatives françaises et celles d’ALLE, en particulier l’accent mis sur la formation des enseignants, et un mouvement général vers les technologies "soft" comme la Toile et les environnements auteur conviviaux, et vers la didactisation de matériaux existants (Toile, cédéroms grand public, TV5, journaux) plutôt que l’invention de nouveaux didacticiels créés ex nihilo. 
  • des collaborations ont été mises en place qui devraient en même temps permettre un travail en commun au niveau de la recherche, et offrir la possibilité à des étudiants canadiens et français de visiter le pays de l’autre pour enrichir leur apprentissage, leur formation professionnelle et leurs capacités linguistiques et culturelles.
  • les différentes façons d’envisager l’intégration des NT dans l’enseignement des langues, et en particulier le système d’auto-apprentissage guidé ou intégré à Grenoble et à Bordeaux, l’espace langues de l’Université de la Haute Bretagne, et le développement de scénarios pédagogiques qui se met en marche à Grenoble sont d’excellents exemples pour mon département, et plus généralement pour les départements de langue qui luttent pour assurer l’intégration efficace et humaine des NT dans l’enseignement.
Il ne me reste qu’à remercier tous ceux qui m’ont reçu en France pour leur chaleureux accueil, leur intérêt pour ce qui se passe chez nous, leur générosité et leur ouverture dans les discussions.  J’aimerais remercier particulièrement M. Gérard Prieur, qui a eu l’initiative de cette mission, Mme. Natasha Nobell du consulat de France à Vancouver qui a efficacement suivi le dossier, et Mme de Goulaine à l’APAPE qui en a assuré le déroulement matériel.