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Français 339

Module Poésie


Poésie n. f. Art du langage visant à exprimer ou à suggérer quelque chose par le rythme , le vers, l'harmonie et l'image

Lecture active et créative de la poésie:

o Est basée sur les caractéristiques du texte qui imposent certaines limites d'interprétations par les éléments qui le composent et la manière dont ceux-ci sont structurés.

o Etapes:

§ Lecture initiale du poème et premières impressions
§ Approfondissement de la langue du poème: le lexique, les structures grammaticales, les temps des verbes, etc.
§ Analyse descriptive des éléments constitutifs du poème:
· Images
· Versification
· Structures thématiques
§ Interprétation qui tient compte des éléments observés.


Lire et parler d'un poème

Pour apprécier, comprendre et analyser un poème, on recherche les éléments suivants:
1) Les grands thèmes
§ le temps, 
§ la fragilité humaine,
§ la solitude, 
§ la liberté, 
§ l’amour, 
§ l’amitié, 
§ le bonheur, 
§ la fierté,
§ la nostalgie,
§ le patriotisme, 
§ la mort.
Ce sont les sentiments ou les idées exprimés par le/la poète.

2) Les champs lexicaux : Les mots qui se rattachent à ces thèmes. 

3) Les images et figures de rhétorique et de style: la métaphore, la comparaison, la personnification, l'allégorie, etc.

4) Les procédés linguistiques:

§ l’apostrophe: allocution à l'adresse d'une personne. 

§ la répétition:
§ l’énumération: 
§ l’allitération:

5) La composition ou structure formelle:
a. La versification: 
§ la strophe: 
§ le vers: 
§ les syllabes ou les pieds:
§ la disposition et la qualité des rimes: 
b. La forme du poème: Il existe des poèmes
§ en prose et 
§ en vers
§ à forme libre (sans contrainte)
· un calligramme
· un poème en prose
· un poème en vers libre
§ à forme fixe:
· ballade, 
· épopée, 
· fable , 
· sonnet, 
· rondeau.

Les éléments de la versification

La versification: la technique du vers régulier.
Un vers: une ligne de poésie. On dit le premier vers, le deuxième, etc.
-un vers de 12 pieds a normalement une césure (une pause, un point de séparation entre deux hémistiches d'une vers).
Ex. P. 28
- deux hémistiches (n.m.) de longueur égale (6/6)
Une strophe: un ensemble de vers successifs présentant, souvent, une unité (par la syntaxe, les thèmes, les rimes, etc.)
-les strophes sont désignées par le nombre de vers qui les composent (p. 191)

§ tercets

§ quatrains
§ quintils
§ sizains
§ septains
§ huitains
§ dizains

La métrique

Le nombre de syllabes dans chaque vers demeure constant dans la poésie française classique. 
- Le rythme et la musique des vers sont caractérisés par le découpement des s yllabes ou pieds.
-Pour décider du mètre, c-à-d la longueur de chaque vers, on compte les syllabes ( on ne va pas chercher à identifier les accents toniques du livre).
-un pied = une syllabe
-en français il faut faire attention au e-muet:
-principes généraux:
-le e muet ne se prononce pas en fin de vers;
-le e muet reste muet lorsqu'il est suivi d'un son voyelle;
-le e-muet devient sonore lorsqu'il est suivi d'un son consonne; 
-le e-muet reste muet lorsqu'il tombe à la césure.
Ex.Sous le pont Mirabeau / coul e la Seine. (10)
Ex. C'est un trou de verdur e // où chant e une rivièr e (12)
Accrochant follement aux herb es des haillons (12)
 
 
Les vers les plus fréquents sont:
§ un alexandrin: de 12 pieds,
§ un octosyllabe: de 8 pieds,
§ un décasyllabe: de 10 pieds, 
§ un heptasyllabe: de 7 pieds,
§ un hexasyllabe: de 6 pieds.
-Quelquefois on remarque que même ayant tenu compte des e-muets dans un vers, il manque une syllabe pour pouvoir garder le rythme constant. A ce moment-là il faut penser que le poète s'est servi de la diérèse ou de la synérèse

a. la diérèse: la dissociation en 2 syllabes de ce qui est en langue ordinaire, une seule syllabe. Voir surtout –ion, 

-ieu. 
Ex. Chansons d'automne. P. 98.

  Les / san /glots / longs /

Des / vi /o / lons /
De / l'au / tomne /
A force de rester // studieuse et pensive. 
b. La synérèse: on fait une syllabe là où il y en a normalement deux .
Ex. extraordinaire [ex tra or di naire] peut devenir [ex tror di naire]. Les sons voyelles /a/ et /o/ sont unifiés. 
NOTE: cette distinction peut être justifiée par l'étymologie latine: ex. le mot "bien" qui vient de bene compte habituellement pour une seule, tandis que le mot "lien", venant de ligamen compte habituellement deux syllabes. En poésie, le poète décide les règles de la prononciation selon le besoin (du mètre).

En poésie française classique, le vers comprend souvent une unité syntaxique. Parfois, la longueur de la phrase ou du syntagme ne coïncide pas avec la longueur du vers. 

L'enjambement et le rejet: (Manuel p. 117)

-un vers comprend souvent une idée complète. Si cette idée se continue dans le vers suivant, il y a enjambement

-le rejet: le débordement d'un syntagme ou d'un hémistiche sur le suivant. Anthologie p. 103 v. 5-7.

-le contre-rejet: p. 104 v. 9-10. 


Les sonorités

1. La rime 
La rime est le retour du même son à la fin de deux ou plusieurs vers. Pour l'oreille non pour l'œil.
La disposition des rimes peut varier dépendant du poème et de sa forme. Elles peuvent être:
§ suivies ou plates (AABB);
§ croisées( ABAB);
§ embrassées (ABBA)
§ libres: les vers sont de longueurs irrégulières et les rimes n'ont pas de régularité. 
La qualité de la rime dépend du nombre d'éléments phonétiques (sons).
§ Riche: récente – puissante.  au moins un son voyelle et deux sons consonnes
§ Pauvre: n'a qu'une voyelle identique: perdu, plus
§ Suffisante: un son voyelle et un son consonne: embaumé – aimé, horizon, gazon.
Le poème en vers libre: les vers sont de longueurs irrégulières et les rimes ne suivent pas une structure fixe.

2. La répétition à l'intérieur des vers: elle peut mettre en valeur certains termes et surtout créer des rapports entre eux.

a. L'allitération : la répétition d'un même son consonne; pour les symbolistes comme Verlaine, elle devient la répétition de sons consonnes voisins (t et d dentales).
Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants (Baudelaire)
b. L'assonance: la répétition d'un même son voyelle:an
J'ai vu souvent ce rêve étrange et pénétr ant.
c. L'harmonie imitative: lorsque le son répété cherche à imiter un bruit naturel. 
Ex . le son de la pluie (Manuel p. 117)
Il pleut tout simplement il pleut sans un pli sans une plaie. [Louis Aragon]
d. L'onomatopée: mot qui dit le son
Ex. Le tic-tac de la pendule.
 
Sources:  Viala, Alain,La Poésie , Paris, Nathan Université, 1992.
Demers, Jeanne, Phonétique théorique et pratique (français moderne), Montréal, Éditions Centre de Psychologie et de Pédagogie, 1953.

 
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Module poésie

page créée le 15 août 2001 par Estelle Dansereau
dernière mise à jour le 8 octobre 2003