La Gaule au temps des RomainsLa Gaule, (Gallia en latin; Gaul en anglais) c'est le nom donné par les Romains au territoire occupé aujourd'hui par la France, la Suisse, la Belgique et une partie de l'Allemagne. Entre 122 et 50 avant Jésus-Christ (il y a donc 2000 ans), les Romains envahissent cette région et subjuguent la plupart des tribus celtes qui y habitent. Les Romains divisent la Gaule en provinces: ils occupent d'abord la Narbonnaise, ensuite l'Aquitaine, la Lyonnaise, la Belgique. La Gaule romaineDu latin au françaisLes Romains apportent avec eux leur langue, le latin. Influencée par les autres langues déjà parlées dans la région, cette langue va évoluer. Elle deviendra peu à peu le français que nous connaissons.
(Dans d'autres régions, il se convertira en espagnol, en italien, en catalan.)
Textes en latin, en français archaïque (roman), et en français moderneOn écrivait d'abord en latin, puis peu à peu dans une langue qu'on appelle le français archaïque (on dit aussi le roman). On considère que le premier texte en français (archaïque) est Les Serments de Strasbourg, en 842. Pour vous donner une idée de cette évolution, voici des textes de différentes époques. Un texte en latin (401)
Le premier texte en français: Les serments de Strasbourg (842)
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Le premier texte en français: Les serments de Strasbourg (842)
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Les serments de Strasbourg ont été prêtés par deux des petits-fils (Charles et Louis) de Charlemagne en 842. Les deux frères font leur promesse devant leurs troupes.
Comme les troupes de Charles parlent français et les troupes de Louis parlent francique (une langue germanique), ils prêtent serment dans les deux langues. Ils promettent de s'entraider contre leur frère Lothaire. Si vous connaissez d'autres langues européennes, vous remarquerez que ce français est proche d'autres langues romanes, comme l'espagnol et le catalan, alors que le francique est proche de l'allemand. ![]() |
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Texte original en français archaïque
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Traduction en français moderne
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Pro Deo amur et pro christian poblo et nostro commun salvament, d'ist di en avant, in quant Deus savir et podir me dunat, si salvarai eo cist meon fradre Karlo, et in aiudha et in cadhuna cosa, si cum om per dreit son fradra salvar dift, in o quid il mi altresi fazet, et ab Ludher nul plaid num quam prindrai qui meon vol cist meon fradre Karle in damno sit. |
Pour l'amour de Dieu et pour le salut commun du peuple chrétien et le nôtre,
à partir de ce jour, autant que Dieu m'en donne le savoir et le pouvoir, je soutiendrai mon frère Charles de mon aide et en toute chose, comme on doit justement soutenir son frère, à condition qu'il en fasse autant pour moi, et je ne conclurai jamais aucun arrangement avec Lothaire, qui, à ma volonté, soit au détriment de mon dit frère Charles. |
Version en francique
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In Godes minna ind in thes christianes folches ind unser bedhero gealtnissi, fon thesemo dage frammordes, so fram so mir Got geuuizci indi mahd furgibit, so haldih tesan minan bruodher, soso man mit rehtu sinan bruodher scal, in thiu, thaz er mig sosoma duo ; indi mit Ludheren in nohheiniu thing ne gegango, zhe minan uuillon imo ce scadhen uuerhen.
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La Cantilène de Sainte Eulalie (880)
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Il s'agit du premier texte littéraire conservé en français, un poème d'inspiration religieuse racontant l'histoire d'une jeune fille courageuse qui résiste au diable...
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Texte original en français archaïque
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Traduction en français moderne
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Buona pulcella fut Eulalia. Bel auret corps bellezour anima. Voldrent la ueintre li d[om] Inimi. Voldrent la faire diaule seruir. Plus... |
(Une) bonne jeune fille fut Eulalie.
Beau avait le corps, l'âme encore plus belle. Voulurent la vaincre les ennemis de Dieu, Voulurent la faire diable servir. |
François Villon (1431-1463?) |
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François Villon est le premier grand poète français. On lit encore son Testament, ses Lais, ses Ballades. Voici un extrait célèbre de son Testament, où il regrette de n'avoir pas étudié quand il était jeune. . . |
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Texte original |
Traduction en français moderne |
Bien sais, se j'eusse estudié, Ou temps de ma jeunesse folle, Et a bonnes meurs dedié, J'eusse maison et couche molle, Mais quoi? Je fuyoie l'escolle, Comme fait le mauvais enfant. En escripvant cette parolle, A peu que le cuer ne me fent. Tout le poème |
Je sais bien que si j'avais étudié,
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Rabelais (1494-1553) |
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François Rabelais est connu comme l'auteur de Pantagruel (1532) et de Gargantua (1534), des histoires fantastiques accompagnées de digressions drôles (à l'époque) et savantes. Voici la description célèbre d'une société idéale imaginée par Rabelais, à l'Abbaye de Thélème, l'opposé de la vie sévère des moines. On remarque qu'ici, comme chez Villon, et comme aujourd'hui encore en espagnol, on n'emploie pas toujours le pronom personnel sujet: on dit "se levaient du lit" au lieu de "Ils se levaient du lit", "fais ce que voudras" au lieu de "fais ce que tu voudras". Sinon, ce français du XVIe siècle est assez proche du français de nos jours. |
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Texte original |
En français moderne |
Toute leur vie était employée, non par lois, statuts ou règles, mais selon leur vouloir et franc arbitre. Se levaient du lit quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur venait. Nul ne les éveillait, nul ne les parforçait ni à boire, ni à manger ni à faire autre chose que quelconque. Ainsi l'avait établi Gargantua. Et leur règle n'était que cette clause: FAIS CE QUE VOUDRAS |
Ils vivaient, non pas selon des lois et des règles mais comme ils voulaient.
[...] Personne ne les réveillait, personne ne les obligeait à boire ou a manger ou à faire quoi que ce soit. [...] FAIS CE QUE TU VOUDRAS |