On appelle Afrique sub-saharienne (autrefois on disait l'Afrique noire) la partie du continent africain qui est au sud du désert du Sahara. C'est donc toute l'Afrique, sauf le Maghreb et l'Égypte. Certaines îles de l'Océan indien (dont Madagascar, la grande île qu'on voit sur l'image) sont aussi tournées vers l'Afrique.
Sur l'image satellite ci-contre, on voit clairement la limite du Sahara, qui continue d'avancer vers le Sud.
Des 50 pays qui composent l'Afrique sub-saharienne, 22 appartiennent à la Francophonie. Le français est langue officielle ou co-officielle dans 19 de ces pays.
Isolement de l'Afrique Le Sahara est un vaste désert qui s'est formé il y a plus de 3000 ans, et qui continue d'avancer ver le sud. Ce désert a fonctionné comme une barrière qui a séparé l'Afrique sub-saharienne du reste du monde, surtout de l'Europe et du Moyen Orient. Seul le commerce caravanier, initié par les Arabes dès le IXe siècle, a instauré des liens entre l'Afrique sub-saharienne et les pays méditerranéens. On exportait vers le nord surtout de l'or, de l'ivoire et des esclaves. On importait du sel, du cuivre...
L'islam et les grands empires Le commerce caravanier a aussi favorisé l'arrivée de l'islam en Afrique sub-saharienne, à partir du VIIIe siècle (donc peu après la mort du prophète).
L'empire du Ghana, un des premiers grands empires de l'Afrique de l'ouest que nous connaissions, a été largement converti à l'islam au XIe siècle.
L'empire du Mali,
qui l'a suivi, s'est établi autour de Tombouktou. En 1324, l'empereur Musa, a fait son pèlerinage à la Mecque. (Tous les musulmans doivent faire un pèlerinage à la Mecque: c'est un des cinq piliers de l'Islam.) Ce voyage a changé la perception européenne et arabe de l'Afrique. Musa en effet était accompagné de centaines de chameaux chargés d'or, une richesse inouïe. Une peinture de l'époque qui le représente avec une énorme pépite d'or à la main, montre à quel point il avait impressionné.
Tombouktou, capitale de l'empire, était alors un grand centre de commerce et d'éducation. Son université était la plus grande du monde.
Le roi Musa avec sa pépite d'or
La colonisation Plus tard, l'Afrique a été "découverte" par les pays européens colonisateurs, dès le XVe siècle. La colonisation a eu deux résultats désastreux pour les Africains: elle a mené au découpage du continent en pays qui ne correspondaient pas à la répartition des ethnies; et elle a intensifié le commerce des esclaves, exportés vers les Antilles et l'Amérique, commerce qui ne s'est arrêté qu'à la fin du XIXe siècle. On estime qu'entre 20 et 25 millions d'esclaves africains ont été déportés, et beaucoup sont morts pendant le voyage.
Quels sont les pays francophones en Afrique sub-saharienne?
L'Afrique sub-saharienne compte presque 40 millions de francophones (1997), dans une vingtaine de pays. Combien de francophones y a-t-il au Canada?
Le français est la seule langue officielle au Bénin, au Burkina Faso, au Congo-Brazzaville, au Congo-Kinshasa, en Côte d'Ivoire, au Gabon, en Guinée, au Mali, au Niger, au Sénégal et au Togo (11 pays).
Le français est une des langues officielles au Burundi, au Cameroun, en Centrafrique, à Djibouti, en Guinée équatoriale, à Madagascar, au Rwanda, et au Tchad (8 pays).
De plus, il faut compter presque un million de francophones dans les îles de l'Océan indien (la Réunion, les Comores, Maurice, Mayotte, les Seychelles... ).
Il faut noter cependant qu'en Afrique, le français, comme l'anglais, n'est parlé que par ceux qui ont eu accès à l'éducation, et que le système d'éducation n'est pas bien développé dans beaucoup de pays africains. La majorité des Africains parlent une, ou plus souvent plusieurs, langues africaines. (On calcule qu'il y a plus de mille langues africaines...) Cependant, dans les pays où le français est langue officielle, la diplomatie, la politique intérieure, les médias, le tourisme sont en français.
La population de l'Afrique sub-saharienne (y compris certaines îles) est actuellement d'environ 715 millions. (Source)
"Durant des millénaires, les Africains ont mâché des graines de kola pour combattre la fatigue physique et intellectuelle.
La poudre de kola fit l'objet d'un important commerce dès le XIVe siècle. Les voyageurs l'échangeaient même contre de la poussière d'or avant d'entreprendre la traversée du Sahara, parce qu'ils croyaient qu'elle leur permettait de mieux tolérer la fatigue, la faim et la soif durant le long voyage.
Les musulmans, dont la religion interdit de consommer de l'alcool, appréciaient particulièrement le kola dont ils tiraient une boisson stimulante favorisant les contacts sociaux. Plus près de nous, le Coca-Cola® renfermait initialement du kola, aujourd'hui remplacé par de la caféine de synthèse. La noix de cola est approuvée comme additif alimentaire par le Conseil de l'Europe et la Food and Drug Administration américaine."
(Texte du Réseau Proteus)
Noix de cola
Le mot, d'origine africaine, s'écrit kola ou cola. Il est masculin ou féminin en français, comme quelques autres mots qui proviennent de langues étrangères (harissa, par exemple, le piment qui accompagne le couscous).
Les religions africaines
Comme nous l'avons vu, l'islam a eu une influence importante en Afrique. L'université de Tombouktou aux XIIIe et au XVIe siècles était un des plus grands centres d'étude du Coran. D'autre part, les colonisateurs européens ont apporté avec eux le christianisme.
Mais l’islam ou le christianisme, religions importées, se sont superposées à d’autres cultes plus anciens, mais toujours vivants, regroupés sous le terme générique d’animisme.
On estime qu'aujourd'hui l’Afrique compte 270 millions de musulmans (dont 150 millions en Afrique sub-saharienne), 100 millions de catholiques et 83 millions de protestants, tandis que l’animisme est pratiqué, officiellement, par plus de 130 millions de personnes.
L'animisme varie selon la région, mais essentiellement repose sur la croyance que toute chose a une âme et que la mort n'est qu'une étape dans la vie. (Dans le poème ci-dessus, l'ancêtre n'est pas traité différemment des autres.) Voici une explication sénégalaise:
"L'Animisme explique [...] les mystères de la vie et de la mort. Les animistes attribuent à toutes les choses de la nature (plante, objet, animal) une âme. Quatre éléments fondamentaux composent la nature : l'eau, la terre, l'air et le feu. Ces éléments sont sous le contrôle d'un être suprême, mais il existe également des dieux intermédiaires, ayant des fonctions plus spécifiques et souvent associés à un des éléments. L'Animisme peut ainsi être vu comme une relation triangulaire entre la nature, les êtres humains et le sacré.
Le sacré n'est accessible qu'à certaines personnes, des intermédiaires, qui se chargent de faire le lien avec les êtres humains. Les ancêtres du village, de la famille sont des intermédiaires privilégiés. Pour correspondre avec ces morts, les animistes font appel à leurs marabouts ou à des griots" (source)
Questions
1. Quelle est la différence entre un marabout et un griot?
2. Qui dans notre société remplit les fonctions d'un marabout? Expliquez.
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