On appelle Antilles un archipel (en rouge sur la carte ci-contre) qui s'étend en arc de cercle entre la Floride et le Vénézuela, séparant la mer des Antilles (ou mer des Caraïbes) de l'Atlantique. (En anglais, on dit normalement West Indies mais on peut dire aussi Antilles (ça rime avec Achilles).)
On distingue les Grandes Antilles (Cuba, Jamaïque, Porto Rico, Haïti, République dominicaine), au nord, et les Petites Antilles, où se trouvent les îles françaises de la Guadeloupe et la Martinique, au sud.
On parle aussi des Antilles françaises, néerlandaises, britanniques, et américaines, selon la nationalité des principaux colonisateurs.
Les Bahamas ne font pas partie des Antilles.
Les Antilles françaises comprennent la Guadeloupe et la Martinique, deux îles toutes petites. De plus, le français est langue officielle en Haïti. Cliquez pour des informations sur chaque pays.
Esclavage L'histoire des Antilles françaises est étroitement liée à l'histoire de l'esclavage (voir plus loin). Les Français ont fait venir des esclaves d'Afrique pour travailler dans les champs de canne à sucre, et cette exploitation des esclaves a duré jusqu'au XIXe siècle.
Colonisation des Antilles Les premiers habitants des Antilles étaient les Indiens Taïnos, Arawaks et Caraïbes. En 1492, Christophe Colomb est le premier Européen à "découvrir" les Antilles, qu'il appelle les Indes Occidentales (en espagnol: India occidental; en anglais: West Indies). Les Espagnols colonisent les Antilles, mais bientôt arrivent aussi les Français, les Anglais et les Hollandais. De nombreux combats ont lieu.
Les habitants originaux ont été décimés par la colonisation: maladies, guerres, changement de leur mode de vie. Il ne reste aujourd'hui presque aucune trace de ces amérindiens autochtones.
La Guadeloupe et la Martinique Les Français ont pris possesson de la Guadeloupe et de la Martinique en 1635, mais les îles ont été prises plusieurs fois par les Anglais ensuite. Par le traité de Paris de 1763, la France a abandonné ses territoires au Canada en échange de la reconnaissance de sa souveraineté en Guadeloupe (on voit combien ces îles leur paraissaient importantes). À part quelques périodes assez courtes, les deux îles sont restées françaises, et en 1946 elles sont devenues des départments d'outre-mer (DOM), c'est-à-dire une partie intégrante de la France.
Haïti occupe la partie occidentale de l'île qui s'appelle Hispaniola, la partie orientale étant occupée par la République dominicaine. L'île appartenait aux Espagnols au XVIIe siècle, quand des pirates français (qu'on appelait des flibustiers) se sont établis dans la région qui est aujourd'hui Haïti, vers 1630. Après quelque temps, la présence française est finalement reconnue par le roi, la région reçoit un gouverneur français, et en 1697 l'Espagne reconnaît les droits des Français. Haïti est donc devnue une colonie française. Lors de la Révolution française en 1789, les esclaves se sont révoltés et en 1804 Haïti est devenu le premier pays où les esclaves ont réussi à gagner l'indépendance.
Comment fonctionnait l'esclavage ?
Dès leur arrivée dans les Antilles au XVIIe siècle, les Français, comme les autres colonisateurs, ont commencé à défricher les terres pour planter de la canne à sucre. (Le sucre et le rhum qu'on en faisait valaient cher en Europe.) Comme le travail de la plantation était très dur physiquement, ils ont fait venir des esclaves d'Afrique pour travailler les champs. C'est ce qu'on appelait la traite des noirs.
Les Français achetaient les esclaves en Afrique et les amenaient aux Antilles dans des bateaux qu'on appelait des négriers. Les conditions à bord étaient terribles et beaucoup mouraient pendant le voyage. Une fois aux Antilles, les esclaves étaient vendus aux propriétaires terriens, des Français qui possédaient les plantations.
Une plantation
On voit sur l'image (1) les maisons du propriétaire et des intendants à droite, en haut, avec l'église; (2) les cases-nègres (petites huttes) à droite aussi, mais en bas; (3) les champs de canne à sucre au milieu; (4) le moulin pour moudre ou broyer la canne en bas à gauche, et le bâtiment contenant a chaudière (pour bouillir le jus).
Plantation de canne à sucre aux Antilles (Image de l'Encyclopédie de Diderot (1762), du Special Collections Department, University of Virginia Library.) Source
De 1685 à 1848, l'esclavage dans les colonies françaises était réglé par un document qui s'appelle le code noir. Le code noir précisait qu'il fallait que tous les esclaves soient baptisés chrétiens, combien de nourriture il fallait donner aux esclaves, comment les punir, ce qu'il fallait faire avec les enfants nés de relations entre esclaves et maîtres, etc.
L'esclavage est interdit en France en 1794, lors de la Révolution française, qui proclamait la liberté, l'égalité et la fraternité. Mais il est restitué par Napoléon en 1802, et n'est définitivement aboli en France qu'en 1848, quinze ans après son abolition en Angleterre.
Beaucoup d'habitants des Antilles parlent une langue créole, une langue qui résulte du mélange de deux langues, par exemple le français et une langue africaine. Le créole haïtien est la langue officielle d'Haïti.
Les créoles "classiques", ceux qui sont parlés aux Antilles, ont un lexique (les mots) qui vient surtout d'une langue européenne (l'anglais, le français, l'espagnol, le portugais, le néerlandais) et une syntaxe (la grammaire, ou règles de combinaison des mots) qui vient d'une langue ou de langues africaines.
Les créoles sont d'abord des pidgins, des langues simplifiées que les esclaves et leurs maîtres ont développées pour pouvoir communiquer entre eux. L'exemple le plus connu d'un énoncé pidgin est sans doute "Moi Tarzan, toi Jane".
Lorsqu'un pidgin est développé et parlé suffisamment pour que les enfants l'apprennnent comme langue maternelle, on l'appelle un créole.
Le créole haïtien a un lexique qui vient du français (pou = pour, mache = marche, zansèt = les ancêtres (en français on prononce phonétiquement [lezãsetR], etc.). Voici le début de l'hymne national haïtien.
Pou Ayiti
Peyi Zansèt yo
Se pou n mache
Men nan lamen
Nan mitan n pa fèt pou gen trèt
Nou fèt pou n sèl mèt tèt nou.
Annou mache men nan lamen
Pou Ayiti ka vin pi bèl
Annou, annou met tèt ansanm
Pou Ayiti onon tout zansèt yo.
Pour le Pays,
Pour les Ancêtres
Marchons unis, marchons unis
Dans nos rangs point de traîtres
Du sol soyons seuls maîtres
Marchons unis, marchons unis
Pour le Pays, pour les Ancêtres
Marchons, marchons, marchons unis
Pour le Pays, pour les Ancêtres